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Citations historique expliquée: « Il n’y a pas d’amour, il n’y a que des preuves d’amour. »


« Il n’y a pas d’amour, il n’y a que des preuves d’amour. » PIERRE REVERDY, vers 1920

Pierre Reverdy (1889-1960) fut un poète discret mais très influent. Il vécut à Montmartre dans les années 1910, à une époque où de grands artistes faisaient souffler sur la butte « l’esprit nouveau ». Dans les dernières années de la Première Guerre mondiale, en 1917-1918, Reverdy anima la revue poétique Nord-Sud, qui ouvrit ses colonnes à Guillaume Apollinaire, André Breton, Tristan Tzara, Max Jacob ou Georges Braque, le peintre cubiste. 
La génération survivante de l’après-guerre fut marquée par ce maître exigeant qui annonçait à sa façon le surréalisme. Dans une préface du Mystère de la chambre jaune, Jean Cocteau écrivit : « Pierre Reverdy nous disait : “il n’y a pas d’amour, il n’y a que des preuves d’amour”. Phrase admirable et qui peut se traduire en d’autres domaines. Par exemple : il n’y a pas de génie. Il n’y a que des preuves de génie. » Pour le poète, il ne faut pas se complaire dans l’émotion pure, mais donner à voir. « Il était pour nous, quand nous avions vingt ans, toute la pureté du monde », a aussi noté Louis Aragon, qui s’en souviendra en publiant le poème « Il n’y a pas d’amour heureux » en 1946. 
En 1926, Pierre Reverdy choisit de s’éloigner des cénacles artistiques de la capitale. Il s’établit à Solesmes dans la Sarthe, dans une maison proche de l’abbaye bénédictine du XIe siècle, où il vécut jusqu’à sa mort en 1960. Béret sur la tête, il allait fréquemment prier en silence. Sa femme Henriette, qui l’accompagna dans cette nouvelle existence, lui donna ainsi une preuve d’amour. Il est vrai que son mari avait écrit, dans l’un de ses derniers recueils publié en 1956, « aimer, c’est permettre d’abuser». 
Sources : Pierre Reverdy, En vrac, 1956. Jean Cocteau, préface du Mystère de la chambre jaune, de Gaston Leroux, 1963.

Debout les morts



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