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Citation historique expliquée: « Quand j’entends le mot culture, je sors mon revolver. »


« Quand j’entends le mot culture, je sors mon revolver. » 
BALDUR VON SCHIRACH, en 1933

Explication:

Actualités cinématographiques du Troisième Reich. Sur une tribune hérissée d’étendards nazis, un jeune homme blond en uniforme s’adresse à une assemblée de dignitaires. « Quand j’entends le mot culture, je sors mon revolver », dit-il, la moue aux lèvres, déclenchant rires et ovations. Il joint le geste à la parole, soupesant son arme avec satisfaction. Baldur von Schirach (1907-1974) a dirigé les Jeunesses hitlériennes dans l’opposition dès 1931 puis pendant les sept premières années du régime, de 1933 à 1940. 

Mais ce trait d’humour nazi n’est pas de lui. Le 20 avril 1933, pour l’anniversaire d’Hitler (au pouvoir depuis moins de trois mois), on joue la première d’un drame héroïque intitulé Schlageter. Cette pièce glorifie Albert Leo Schlageter, jeune nazi fusillé en 1923 par les autorités militaires françaises pour s’être opposé par la violence à l’occupation de la Ruhr. Première scène, située après la défaite allemande de 1918 : l’ancien combattant Schlageter prépare un examen universitaire avec son ancien camarade de régiment Friederich Thiemann. Tous deux se demandent s’il est bien utile d’étudier tant que leur nation n’est pas libre. Pour Thiemann, mieux vaut se battre que poursuivre de vaines études. Et il précise : « Quand j’entends le mot culture, j’ôte le cran de sûreté de mon Browning ! » Cette réplique devint aussitôt très populaire, et le chef des Jeunesses hitlériennes ne fit que la mettre en application. 

C’était le temps des grands bûchers de livres et de la répression des intellectuels, envoyés dès le 22 mars 1933 à Dachau dans le premier camp de concentration. La phrase colle si bien au régime nazi qu’on se plaît généralement à l’attribuer à l’un ou l’autre de ses grands maîtres, de Goering à Goebbels. 

Sources : Hanns Johst, Schlageter, Acte 1, scène première, 1933. Film documentaire De Nuremberg à Nuremberg (première partie), de Frédéric Rossif (CDG/Antenne 2), 1988.

«Je vous promets une nouvelle donne pour pour le peuple américain.»

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