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La conjugaison au CM1

La conjugaison au CM1

On commence le premier trimestre par la vérification des connaissances ou leur rappel. Les élèves doivent avoir intégré le changement de terminaisons en fonction des temps et des sujets. S’il y a des oublis ou une non-conceptualisation, il ne faut pas hésiter à reprendre le travail fait en CE2. Au CM1, on ajoute l’emploi du conditionnel et celui des temps composés. Le travail de compréhension des emplois doit toujours précéder l’observation de la construction de la conjugaison.

* Reprise des analogies temporelles et personnelles

Ouvrir un cahier de conjugaison à l’instar de celui du CE2. Les premières séances consistent à relever, dans un texte de lecture ou sur une production d’écrits, les formes verbales et leur sujet après avoir pris la précaution de vérifier que les élèves repèrent bien la chronologie des faits. Les répertorier
en fonction des personnes et des temps. Chaque double page consacrée à une personne contient les quatre temps de l’indicatif, dans l’ordre chronologique : imparfait, passé composé, présent, futur.
Le conditionnel est placé à part, sur d’autres pages quand il est employé pour des hypothèses, puisqu’elles sont hors temps (partie 2, chapitre 8).
Les autres temps composés ne sont pas difficiles à expliquer. On fait observer la construction de l’auxiliaire qui varie selon les temps simples. Ce qui est moins évident pour les élèves, c’est le repérage d’un verbe construit en deux éléments : un auxiliaire et un participe passé que l’on obtient par la substitution avec un temps simple, le présent de préférence.
Consacrer les premières séances à entourer d’une couleur les terminaisons identiques des temps, et d’une autre couleur les terminaisons des personnes. On arrive à un tableau général par temps, qui oppose les verbes en « -er » aux autres verbes quand c’est nécessaire.

* Comment écrire les verbes conjugués au présent ?

On prend le radical et on ajoute :

verbes en « -er » sauf aller
Autres verbes
je
tu
Il, elle, on, GNS
Nous
vous
Ils, elles, GNP
+ e
+ es
+ e
+ ons
+ ez
+ ent
+ s (x : peux, veux)
+ s (x)
+ t
+ ons
+ ez (dites)
+ nt

À partir de ce tableau, on fait écrire des phrases en contextualisant les verbes les plus fréquents et en faisant verbaliser la construction orthographique : recherche du sujet, choix entre deux terminaisons, verbe en « -er » ou non qui détermine le choix.
On consacrera une séance aux verbes se terminant par une voyelle (apprécier, jouer, créer par opposition à bouillir, lire, moudre, coudre) pour bien définir le radical et le rajout de la terminaison.
Je joue à la marelle : le sujet est je, on a le choix entre une terminaison en « -e » ou en « -s ».
C’est l’infinitif en « -er » qui apporte la solution. Je bous d’impatience : le sujet est je, on a le choix entre une terminaison en « -e » ou en « -s ». Ce n’est pas un verbe en « -er », on écrit « -s ».
Tu lis une BD. / Tu apprécies un bon livre : même raisonnement pour obtenir l’opposition « s/es ».
Pierre noue ses lacets. / Pierre moud le café : même raisonnement, mais ici la finale est en « -d », ce qu’il faut apprendre.
À la suite de cette distinction, on travaillera sur le futur, qui nécessite également de distinguer les deux types de verbes.

* Comment écrire les verbes conjugués au futur ?

On prend le radical et on ajoute :

verbes en « -er » sauf aller
Autres verbes
je
tu
Il, elle, on, GNS
Nous
vous
Ils, elles, GNP
+ erai
+ eras
+ era
+ erons
+ erez
+ eront
+ rai
+ ras
+ ra
+ rons
+ rez
+ ront
Une fois, bien installée la construction de ce temps sur l’opposition, insister sur les verbes en « -er » se terminant par une voyelle, type jouer, payer.
Les enfants joueront dans la cour : le sujet est un GN pluriel. On a le choix entre « -eront » ou « -ront ». Parce que c’est un verbe en « -er », il ne faut pas oublier le « -e » muet.
Maman paiera le boucher demain : le sujet est un GN singulier. On a le choix entre « -era » et « -ra ». C’est un verbe en « -er », donc on écrit « -era », même si on n’entend pas le « -e » muet. (Ce verbe possède deux orthographes possibles et deux prononciations : payera/paiera.)
Une autre séance permettra de passer en revue les verbes en « -er » à deux radicaux, type peser, céder, jeter, appeler, manger, avancer. On traite ensemble le présent et l’imparfait parce que le changement de radical joue sur ces deux temps. Les radicaux sont répertoriés dans le cahier de conjugaison et appris.
De même, on exploitera la construction du présent et de l’imparfait des verbes en « -yer » qui possèdent deux radicaux et qui s’écrivent avec une succession « -yi » aux 4e et 5e personnes de l’imparfait, ce qui ne cesse pas d’étonner les élèves.
Les quatre verbes très fréquents et très irréguliers : être, avoir, faire et aller sont révisés séparément.
Ces connaissances sont réinvesties en production d’écrits (critères de correction) et en dictée quotidienne.
Des observations fréquentes doivent aboutir à une liste de radicaux à apprendre qui s’approche du tableau donné Ici.

* Exemples de séances consacrées aux verbes prendre et venir

• Prendre
Commencer la conjugaison de ce verbe par la récitation, à l’oral, des formes de l’imparfait. Ne pas oublier de contextualiser l’exemple : L’année dernière je, tu, Pierre prenai-s-s-t tous mes / tes / ses repas à la cantine…
Les élèves maniant le français depuis la maternelle savent conjuguer oralement ce verbe.
Leur demander d’essayer d’écrire ce verbe en rappelant le tableau des terminaisons de ce temps. Les élèves n’en éprouvent généralement aucune difficulté.
Conclure que le radical de l’imparfait de ce verbe est : « pren- ».
Procéder de même avec le futur : L’an prochain, je prendrai tous mes repas à la cantine. 
Justifier l’orthographe : on entend / p / on écrit p ; on entend / r /, on écrit r ; on entend /α˜/, on a le choix entre an et en, mais le radical doit être commun à celui de l’imparfait, on ne peut donc qu’écrire en ; on entend / d /, on écrit d ; on entend / r /, on écrit r ; on entend /ε/ et on sait que c’est du futur, donc on utilise la terminaison du futur ai.
Conclure que le radical de ce verbe au futur est : prend avec un d, qui n’apparaissait pas à l’imparfait, mais qui s’entend à l’oral.
Grâce au futur et à l’imparfait, on peut aborder un nouveau « mode » appelé le conditionnel, dont on rappelle qu’il s’emploie pour des faits hypothétiques.
Ce « mode », au présent, n’offre aucune difficulté puisqu’il est formé sur le radical du futur, des terminaisons du futur et de celles de l’imparfait.
La difficulté réside dans la reconnaissance de son emploi et non dans son orthographe.
Pour le présent de l’indicatif, on fait conjuguer le verbe oralement, puis on regarde sur une table de conjugaison comment les formes s’écrivent. Les enfants découvrent que les trois premières personnes sont conformes au radical du futur mais que le d ne s’entend pas : je prend-s, tu prend-s, il prend. C’est donc une difficulté orthographique sur laquelle il faut attirer leur attention. De plus, on remarque qu’en français, on ne trouve pas la lettre t de la troisième personne après le d parce que ce sont deux sons très proches. La désinence « -t » n’apparaît donc pas. Les 4e et 5e personnes sont construites, comme toujours, avec le même radical que l’imparfait. De plus, toutes les lettres du radical s’entendent et les élèves connaissent bien les terminaisons de ces personnes : nous pren-ons, vous pren-ez. Le présent de l’indicatif permet d’écrire l’impératif.
La 6e personne : ils prennent, s’écrit comme elle se prononce mais le n est redoublé, ce qui constitue un troisième radical. La terminaison « -ent » est identique à tous les autres verbes.
Les temps composés sont formés avec un nouveau radical : pris, dont le s final muet peut se trouver par un accord au féminin (une casserole prise).
Au total, pour conjuguer ce verbe, il faut retenir cinq radicaux : Je pren + ais (imparfait + 4e et 5e personnes du présent), je prend-rai (futur + conditionnel), je prend + s (trois premières personnes du présent), les enfants prenn-ent (6e personne du présent), j’ai pris (tous les temps composés).
• venir
Faire conjuguer oralement ce verbe à l’imparfait, en contextualisant : L’an dernier, je venais chaque jour de Paris en train.
Le faire écrire. Tout l’imparfait se construit sur le radical « ven- ». Ce temps n’offre aucune difficulté.
Procéder de même pour le futur : L’an prochain, je viendrai chaque jour de Paris en train.
Un nouveau radical apparaît avec le d sonore. Sur ce radical, on construit le conditionnel.
À partir du radical : « vien- », on construit les trois premières personnes du présent de l’indicatif. Contrairement au verbe prendre, ce verbe ne prend pas de d muet. Les 4e et 5e personnes sont construites, comme toujours, sur le radical de l’imparfait. Comme le verbe précédent, le n est redoublé à la 6e personne.
Les temps composés sont construits sur un nouveau radical imprévisible :  venu-.
Conclure qu’il faut retenir cinq radicaux pour conjuguer ce verbe :
Je vien-s (1re, 2e et 3e personnes du présent), ils vienn-ent (6e personne du présent), je ven-ais (imparfait et 4e et 5e personnes du présent), je viendrai (futur et conditionnel), je suis venu (formes composées).
Le verbe tenir se conjugue de la même façon.
On procédera de même avec les verbes les plus fréquemment utilisés par les élèves.

* Repérage du plus-que-parfait

Parmi les temps composés, le plus-que-parfait est celui que les élèves ren contreront le plus fréquemment en dehors du passé composé.
Commencer par travailler l’emploi de ce temps, en vérifiant la compréhension du repérage chronologique.
« “Tiens, c’est pour toi.”
Cosette leva les yeux, elle avait vu venir l’homme à elle avec cette poupée comme si elle eût vu venir le soleil, elle entendit ces paroles inouïes : c’est pour toi, elle le regarda, elle regarda la poupée, puis elle recula lentement, et s’alla cacher tout au fond sous la table dans le coin du mur.
Elle ne pleurait plus, elle ne criait plus, elle avait l’air de ne plus oser respirer.
La Thénardier, Éponime, Azelma étaient autant de statues. Les buveurs eux-mêmes s’étaient arrêtés. Il s’était fait un silence solennel dans tout le cabaret. »
Victor Hugo, Les Misérables
Demander aux élèves de souligner les verbes. Discuter sur les formes composées pour savoir quel est le verbe. Un changement de temps : elle avait vu venir / elle voit venir / elle verra venir…, prouve que c’est le verbe voir qui est conjugué, et non le verbe avoir. Celui-ci sert d’auxiliaire (d’aide) à la conjugaison, comme pour le passé composé.
Faire le même test avec : s’étaient arrêtés et il s’était fait un silence.
Séparer la partie du texte en « je » (la première phrase) et la partie du texte en « il » ; demander aux élèves de placer les faits dans l’ordre chronologique par rapport au « lever d’yeux ». Ne pas prendre en compte la forme verbale après « si », qui est une hypothèse, donc hors temps.
Collectivement, mettre au point l’explication finale.
Avant
Repère
elle avait vu venir l’homme
1. elle leva les yeux
2. elle entendit
3. elle regarda
4. elle recula
5. elle s’alla cacher
6. elle ne criait plus, elle ne pleurait
plus,
elle avait l’air…
7. elles étaient autant de statues
les buveurs s’étaient arrêtés
il s’était fait un silence
On comprend que la suite des verbes au passé simple (on peut donner le nom de ce tiroir verbal rencontré fréquemment, même si l’on n’explique pas sa construction) indique des actions qui s’enchaînent, tandis que les verbes à l’imparfait permettent de faire des descriptions.
Trois événements ont eu lieu avant que Cosette ne lève les yeux. Les verbes qui signifient cette antériorité sont conjugués à un temps composé appelé « plus-que-parfait ». Le plus-que-parfait permet d’exprimer l’antériorité. Les verbes conjugués au plus-que-parfait sont construits avec l’auxiliaire être ou avoir à l’imparfait (repérage de la désinence temporelle) et du participe passé.
L’enseignant propose des phrases à l’imparfait et les élèves doivent inventer un événement antérieur. On vérifie la bonne construction du plus-queparfait.
On peut, à partir de ce tiroir, faire une synthèse (CM2) sur les temps composés de l’indicatif ; mais ce n’est pas une obligation car le futur antérieur et le passé antérieur peuvent attendre le collège, étant donné la rareté de leur emploi.
Prendre deux verbes signifiant deux phénomènes dont l’un est antérieur à l’autre :

Je goûte quand
je travaille : simultanéité
(= en même temps)
 j’ai travaillé : antériorité
(= le travail est terminé)
je me lève de la sieste
je me suis levé de la sieste
Je goûtais quand
je travaillais : simultanéité
j’avais travaillé : antériorité
je me levais de la sieste
je m’étais levé de la sieste
Je goûterai quand
je travaillerai : simultanéité
j’aurai travaillé : antériorité
je me lèverai de la sieste
je me serai levé de la sieste
Je goûtai quand
je travaillai : simultanéité
j’eus travaillé : antériorité
je me levai de la sieste
je me fus levé de la sieste
Relever les temps composés. Indiquer quel est leur sens chronologique. Vérifier leur formation. On voit que la partie « conjuguée » est faite du verbe avoir ou du verbe être. Expliquer que ces deux verbes sont des auxiliaires. Ils aident à conjuguer les autres verbes aux temps composés. Le deuxième élément ou « morceau » est le verbe qui donne le sens. Normalement, les natifs ont une connaissance intuitive de l’auxiliaire à utiliser. Pour les nonfrancophones, on pourra établir un tableau au fur et à mesure des rencontres ou des erreurs. L’apprentissage des radicaux où figure une forme du passé composé y aide grandement.

* Emploi des verbes auxiliaires


Être :
– les verbes pronominaux ;
 – les verbes intransitifs de mouvement
(aller, arriver, descendre, entrer…) ;
 – les verbes intransitifs de changement d’état
(devenir, naître, mourir…) ;
 – les verbes transitifs employés au passif.
Avoir :
– les auxiliaires être et avoir ;
 – les verbes transitifs, y compris les verbes de mouvement
(croire, donner, entrer, descendre…) ;
 – les verbes intransitifs (dormir, agir, souffrir…) ;
 – les verbes impersonnels.

* Les verbes pronominaux

On ne peut aborder les verbes pronominaux que lorsque les élèves ont appris à repérer les pronoms compléments dans une chaîne anaphorique . Pour ces séances, on partira de l’observation d’un corpus :
1. Marie lave la poupée. Elle la lave.
2. Marie se lave seule.
3. Maman bat les œufs en neige. Elle les bat en neige.
4. Les garçons se battent dans la cour.
Faire faire un tri de mots : se pose alors le problème du classement des pro noms compléments. Faire faire quelques manipulations.
En vérifier la compréhension par la substitution avec l’antécédent :
En 1 : « la » représente « la poupée » ; en 2 : « se » représente « Marie » ; en 3 : « les » représente « les œufs » ; en 4 : « se » représente « les garçons ».
On s’aperçoit que chacun de ces pronoms est indispensable puisqu’il ne peut être supprimé, que dans les phrases 2 et 4 le pronom complément représente la même personne que le sujet.
Changer les temps et employer ces phrases au passé composé (donner aux élèves l’orthographe des participes passés) :
1. Marie a lavé la poupée. Elle l’a lavée.
2. Marie s’est lavée seule.
3. Maman a battu les œufs en neige. Elle les a battus en neige.
4. Les garçons se sont battus dans la cour.
On remarque que dans les phrases 1 et 3, c’est l’auxiliaire avoir qui est utilisé, alors que dans les phrases 2 et 4, c’est l’auxiliaire être. On observe également une modification orthographique du participe passé.
Dans les phrases 1 et 3, le participe passé employé avec avoir ne s’accorde pas quand le complément essentiel est un nom postposé, mais il s’accorde avec le pronom complément qui est placé devant le verbe.
Dans les phrases 2 et 4, les participes passés sont employés avec l’auxiliaire être et le participe passé s’accorde avec le sujet, comme c’est toujours le cas avec l’auxiliaire être.
L’enseignant donne le métaterme de « verbes pronominaux », qui s’emploie avec des pronoms dits réfléchis parce qu’ils « reflètent » la même personne que celle du sujet.
Les élèves proposent des phrases avec des verbes pronominaux. Ils s’essaient à les écrire. Insister particulièrement sur la forme de 3e personne du singulier du passé composé, du type : Pierre s’est lavé. Mettre l’accent sur la vigilance orthographique du participe passé, qui peut posséder des marques de féminin et / ou de pluriel muettes:
Marie s’est lavée.
Les enfants se sont lavés.
Mettre au point une définition : un verbe pronominal est un verbe qui se construit avec un pronom complément qui représente la même personne que la personne sujet. Ces verbes construisent leurs formes composées avec l’auxiliaire être. Le participe passé s’accorde toujours avec le sujet.

Les élèves écrivent des phrases exemples de leur cru. 
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