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Naissance et évolution de l’idée de mythe littéraire

mythe littéraire

Introuduction

Si l’expression mythe littéraire est désormais entrée dans l’usage courant, son histoire, par contre, n’est pas trop connue. Connaître comment cette idée s’est venue se formé est important pour tous ceux qui s’occupent de littérature : il faut savoir à quoi on se réfère quand on parle de mythe en Littérature. S’il est vrai, en fait, que le mythe est bien présent dans les textes littéraires, cela ne signifie pas forcément que le mythe littéraire coïncide avec le mythe tout court. 
 L’histoire de l’idée de mythe littéraire réfléchit tant la recherche d’une définition capable de séparer le mythe littéraire du terrain indéfini du mythe, tant paradoxalement, la  prétention d’affirmer qu’il n’y a pas de mythe sans Littérature.
 Cette histoire, beaucoup plus récente de celle du mot mythe, commence dans les années ’30 sous l’influence des études philosophiques (Schelling, Nietzsche), psychanalitiques (Freud, Jung, Rank) et de mythologie comparée, et continue aujourd’hui. 
Dans son parcours évolutif nous pouvons distinguer trois phases :
1. La phase précédente l’élaboration d’une véritable définition de mythe littéraire ;
2. La phase de la définition de mythe littéraire ;
3. La phase de consolidation de cette idée.
1- Première phase : le rapport entre Mythe et Littérature                            
2- Deuxième phase : qu’est-ce qu’un mythe littéraire ?                              
3- Troisième phase : consolidation de l’idée de mythe littéraire 

1- Première phase : le rapport entre Mythe et Littérature

Dans cette première période la question concernant le rapport Mythe- Littérature, Oralité- Écriture commence à se poser. Si auparavant, on considérait principalement la Littérature une source d’informations pour comprendre le Mythe, maintenant on s’interroge sur leur relation profonde.
Un des premiers pionniers dans ce type d’études est André Jolles (1874-1946), qui en Einfache Formen[1]  définit le mythe une forme simple, antérieure au langage écrit, mais capable de s’actualiser par lui et par le texte littéraire. Les formes simples sont pour Jolles une sorte de puissance agissante à l’origine de chaque œuvre littéraire, « qui se produisent dans le langage et qui procèdent d’un travail du langage lui-même ». « La ‘ forme simple’ du mythe est constituée par le jeu de la question et de la réponse. La question, à peine posée, trouve sa réponse, ''et cette réponse est telle qu’on ne peut plus poser d’autre question, que la question s’annule à l’instant où elle se pose ; cette réponse est décisive" »[2].  Dans cette perspective, il y a donc une continuité entre Mythe et Littérature : la Littérature est la plénitude définitive de la forme simple Mythe. En cette phase du cheminement qui mènera à l’élaboration de l’idée de mythe littéraire, il y a encore un équilibre dans la considération du rapport Mythe- Littérature, mais cet équilibre n’était pas destiné à durer. En vérité, déjà Propp dans Morfologija e skazki. Transformacii volshebnykh skazok[3] avait mis en évidence une certaine différence entre le Mythe et la Littérature. En distinguant mythes des peuples primitives et mythes de l’antiquité gréco- romaine, il affirme : « Nous n’avons pas appris les mythes de ces peuples [c’est-à-dire des peuples grecs et romains, mais aussi des babyloniens, des égyptiens, des chinois et des indiens] directement de la part de leur créateurs, qui appartenaient aux classes inférieures de la société, mais nous les connaissons dans l’interprétation donnée par la littérature. Nous les connaissons à travers Homère, les tragédies de Sophocle, les œuvres de Virgile, d’Ovide etc.…Nous reconnaîtrons à ces mythes un authentique caractère populaire, mais nous devons savoir que nous ne les avons pas dans une forme pure et que il n’est pas possible de les comparer aux registrations des matériaux folklorique appris par la voix même du peuple. La situation est presque qu’identique pour les mythes égyptiens. Ces mythes aussi nous sont parvenus en rédactions de seconde main. […] Nous devons distinguer donc entre les mythes des formations précédentes aux luttes des classes, que on peut considérer source directe, et mythes transmis de la part de les classes dominantes des anciens Etats civilisés qui peuvent faire fonction de preuve indirecte de l’existence de certaines idées chez les peuples auxquels ces mythes se rapportent ».
Vers la fin des années ’30, Denis de Rougemont introduit une contraposition entre Mythe et Littérature, qui on retrouvera après chez plusieurs théoriciens.  Si le mythe est par soi-même « une histoire, une fable symbolique,   […] résumant un nombre infini de situations plus ou moins analogues » et permet de « saisir d’un coup d’œil certains types de relations constantes, et de les dégager du fouillis des apparences quotidiennes[4]», la littérature qui le reprend n’est qu’une image confuse, une première dégradation : « Lorsque les mythes perdent leur caractère ésotérique et leur fonction sacrée, ils se résolvent en littérature[5] ».  Seulement une année plus tard, R. M. Guastalla dans Le Mythe et le livre : essai sur l’origine de la littérature[6] affirme l’impossibilité de créer des mythes nouveaux dès le moment que le livre a succédé au mythe et la cité cosmopolitique à la société homogène de la polis. Guastalla pense en fait que ce passage a appauvri les hommes en détruisant les anciennes formes de vie (les rituels avec leurs mythes).
Wellek et Warren en Theory of Literature[7] remarquent aussi une distance entre le Mythe, partie orale du rituel, social, anonyme et communautaire, et Littérature qui s’intéresse seulement à quelques aspects du mythe (la narration, la représentation symbolique, etc.)
Pendant les années ’60, Gilbert Durand, père de la tendance critique connuecomme ‘mythocritique’, estime encore que « la littérature, et spécialement [le] récit romanesque » est « un département du mythe »[8]. Toutefois, il n’exclue pas que le texte d’une œuvre littéraire puisse devenir langage sacré restaurateur et instaurateur de la réalité primordiale qui constitue un mythe spécifique[9]
G. Dumézil aussi, en Mythe et Épopée I, pose une distinction significative entre le mythe et celle qu’il définit sa carrière littéraire : « Certes, dans ces sociétés archaïques, la mythologie était fort importante et c’est surtout de textes mythologiques que l’on dispose. Mais le mythe ne se laisse pas comprendre si on le coupe de la vie des hommes qui les racontent. Bien qu’appelés tôt ou tard – très tôt, parfois, comme en Grèce- à une carrière littéraire propre, ils ne sont pas des inventions dramatiques ou lyriques gratuites, sans rapport avec l’organisation sociale ou politique, avec le rituel, avec la loi ou la costume[10] ».  En outre, comme Dumézil dira plus tard en Du mythe au roman[11], reconstituer un mythe en partant de sa carrière littéraire est difficile parce que ici « la narration est devenue une fin en soi ».  C. Lévi-Strauss est encore plus radical : il juge la littérature vraiment une dégradation du mythe, « dernier murmure de la structure expirante »[12] où on peut cerner seulement des épaves isolés et à ce propos, dans L’origine des matières de table[13], il affirme par rapport au roman : « non seulement il est né de l’exténuation du mythe, mais il se réduit à une poursuite exténuante de la structure en deçà d’un devenir qu’il épie au plus près sans pouvoir retrouver dedans ou dehors le secret d’une fraîcheur ancienne, sauf peut-être en quelques refuges où la création mythique reste encore vigoureuse, mais alors et contrairement au roman, à son insu ».     En Mythe et Société en Grèce ancienne[14] J. P. Vernant associe, d’une part, Mythe et Oralité, de l’autre, Logos et Écriture. La littérature est lié à l’écriture, au logos et, même quand celle–ci reprend le mythe, elle, n’est qu’un département ou une distorsion de celui–ci, parce qu’elle résulte « une relecture faite à partir de normes externes à la pensée mythique »[15], de normes qui affèrent au logos. Selon Vernant, en se transformant en littérature, le mythe perd,  en outre, « son mystère et sa suggestion »  car dans l’œuvre écrite se révèlent les traits spécifiquement littéraires du texte, qui se diversifient selon les genres, le public, les règles formelles et les intentions esthétiques[16] . Ensuite, on ne doit pas oublier la maîtrise exercée sur le mythe par une personnalité singulière qui le transforme, comme Sophocle a fait avec le mythe d’ Œdipe, en un texte élaboré possédant  son sens et sa finalité propre[17].  Par conséquent, il y a une fracture irrémédiable entre Mythe et Logos et  entre Mythe et Littérature.
Jusqu’ environ à la fin des années ’60, la relation qui subsiste entre Mythe et Littérature est donc lue au désavantage de la Littérature : cette dernière est, en fait, considéré un éloignement, une dégradation du mythe. Cela est peut-être du au fait qu’on soit encore trop concentré sur le sens de  Mythe comme « tradition sacrée, révélation primordiale, modèle exemplaire  »[18]  familier surtout aux ethnologues, aux sociologues et aux historiens des religions. Toutefois, cette  première phase de notre parcours est très important pour l’élaboration de l’idée de mythe littéraire, parce que s’ ouvre la recherche sur la fonction du mythe en Littérature, et la Littérature est prise en considération pour soi- même, pas seulement comme une source d’informations pour comprendre le Mythe.  

2-      Deuxième phase: qu’est-ce qu’un mythe littéraire ?

 Comme nous avons vu, G. Dumézil avait déjà remarqué l’existence d’un rapport privilégié entre Mythe et Littérature, pour deux raisons principales : 1) on dispose surtout de textes mythologiques ; 2)  tôt ou tard les mythes sont appelés  « à une carrière littéraire propre ». Pendant les années ’70 ce type de considérations amène à réévaluer la Littérature par réaction contre ceux qui l’avaient jugée un véritable appauvrissement du Mythe. Par conséquent, naît aussi l’exigence de séparer du concept même de Mythe, qui évoque un domaine sémantique immense, une idée plus restreinte, pour se référer spécifiquement au mythe en littérature. Le premier à utiliser l’expression  mythe littéraire d’une façon définitoire est, probablement,  Pierre Albouy[19]. Albouy part de la distinction entre thème et motif  proposée par Raymond Trousson[20] et souligne la difficulté rencontrée par ce dernier à utiliser le mot Mythe, bien que, parfois, il fût adéquat au sens demandé par son discours. Il semble, en fait,  à Trousson que ce mot appartient au domaine religieux plutôt qu’à celui de la Littérature. Dans les œuvres littéraires classiques, en fait, « le mythe a déjà perdu sa fonction étiologique et religieuse, même si la structure du mythe continue à se manifester sous la structure narrative[21] ». Albouy introduit alors une expression nouvelle, celle justement de mythe littéraire, qui circonscrit sans ambiguïté  un récit mythique, hérité par une tradition orale ou littéraire, qu’« un auteur traite et modifie avec une grande liberté » et au quel ajoute des  « significations nouvelles »[22].  Aussitôt après, il précise que « quand une telle signification ne s’ajoute pas aux données de la tradition, il n’y a pas de mythe littéraire ». Albouy cerne, en outre, différentes typologies de mythe littéraire : « Nous aurons donc affaire à des mythes de plusieurs espèces, hérités, inventés, nés de l’histoire et de la vie moderne, cosmique. »[23]
 Dans cette période, se développent aussi  Mythanalyse et  Mythocritique, deux tendances critiques qui se rapportent au Mythe. La Mythanalyse a été élaborée par Denis de Rougemont entre les deux guerres[24], mais a trouvé sa forme définitive  seulement plus tard grâce aux études de M. Eigeldinger et G. Durand. Ce dernier a été en outre le père de la Mythocritique.
 La mythocritique se configure comme un approche spécialisé dans l’analyse des textes et l’étude des mythes  littéraires, que doit « dévoil[er] un système pertinent de dynamismes imaginaires », en comparant « en des tableaux les grandes structures figuratives, leur flux et reflux en une culture à un moment culturel donné »[25].
La mythanalyse, en revanche, permet d’élargir les résultas obtenus grâce à la mythocritique : «Il consiste à appliquer les méthodes que nous avons élaborées pour l’analyse d’un texte à un champ plus large, celui des pratiques sociales, des institutions, des monuments autant  que des documents »[26] . La mythanalyse est donc, d’une part, une investigation de la littérature, de l’autre, comme le dit Denis de Rougemont, une étude de la société contemporaine.
Dans Figures mythiques et visages de l’oeuvre[27], Durand, en critiquant « les vieilles catégorisations héritées des Lumières … , les frontières entre la « critique » littéraire et l’analyse socioculturelle et historique », proposera une théorie, la mythodologie, que associe les deux secteurs d’investigation de la mythocritique et de la mythanalyse .

 L’affirmation de ces nouvelles tendances critiques marque le croissant intérêt pour l’étude des occurrences mythiques dans les textes littéraires. On commence donc à regarder le Mythe comme un moyen possible pour comprendre la Littérature, en inversant les rôles joués jusqu’à ce moment-là. Pourtant la Littérature est à son tour considérée un instrument pour s’interroger sur la société.  
Les considérations développées par P. Albouy seront reprises surtout pendant les années ’80. Déjà en 1979, Hans Blumemberg en Arbeit am Mythos[28] redit  la continuité entre la phase pré -littéraire du mythe et celle littéraire : « L’âge de la communication orale était la phase de la vérification permanente et immédiate du succès des moyens littéraires. […] l’entier patrimoine transmis de sujets et schémas mythiques est passé par le dispositif de la réception, il a été optimisé par son mécanisme de sélection. Je crois que pour saisir la qualité originaire de la prestation du mythe, il doit être décrit de la perspective du terminus a quo ». Blumemberg introduit ensuite l’idée de mythe d’art, c'est-à-dire le mythe varié et transformé par ses réceptions artistiques et, donc, littéraires aussi. Selon lui les mythes d’art représentent éléments constitutifs du mythe même, parce que souvent « tout ce que nous connaissons est le mythe déjà entré dans le processus de la réception[29] ». Les mythes d’art, et donc pour nous les mythes littéraires, sont enfin ce que Blumemberg définit « Arbeit am Mythos ». Ils pourraient arriver jusqu’au concept limite d’ « achever le Mythe, […] essayer la déformation extrême, celle qui permet ou ne permet plus de reconnaître la configuration originale. Selon la théorie de la réception, cela serait la fiction d’un mythe terminal, c'est-à-dire  un mythe qui épuise  le potentiel de la forme ».  Mais pour Blumemberg « achever le mythe » signifie, en réalité, fortifier « la survivance du mythe dans un nouveau état d’agrégation[30] ». Par conséquent, la Littérature ne peut pas être considérée le bric-à-brac du Mythe, mais elle coïncide justement avec ce « nouveau état d’agrégation » qui en permet la survivance.  
Quelques années après Arbeit am Mythos, sur la revue Trudy po znakovym sistemam, sort un essai de Jurij M. Lotman et Zora Minc intitulé Littérature et Mythologie[31]. Cet essai est aussi à considérer sous l’optique de réévaluation de la Littérature par rapport au Mythe. Lotman et Minc soutiennent que Littérature et Mythe sont deux tendances opposées et complémentaires de la Culture : la première représente le canal par lequel «  sont transmis les textes discrets », le deuxième le canal pour « les textes pas  discrets »[32].
Pour mieux comprendre on peut dire que les textes discrets utilisent en prévalence, comme les textes littéraires, la narration verbale, et leur réception est donc médiate par le langage verbal, tandis que les textes pas discrets, comme les textes mythologiques, ne donnent pas à la narration verbale une position prééminente : «  Dans sa forme originale le Mythe n’était pas raconté, mais joué dans une action rituelle complexe, pour laquelle la narration verbale était seulement une composante »[33]. Selon Lotman  « l’influence réciproque entre pensée mythologique et pensée logique [de la Littérature] et leur convergence dans la sphère de l’art est… un phénomène toujours présent dans la culture humaine. Ce processus se développe différemment par rapport aux étapes diverses de l’histoire, parce que, dans les nombreuses époques culturelles, le poids des deux types de conscience est différent. On peut approximativement dire que jusqu’à l’époque de la culture non écrite a dominé la conscience mythologique […] tandis que, pendant la période de la culture écrite, elle est apparue presque écrasée par le développement de la pensée logique-verbale discrète »[34]. Ainsi, Lotman et Minc établent la complémentarité de Littérature et Mythe, capables d’influences et  d’enrichissements réciproques. Il ne s’agit pas en fait  de « deux formations jamais coexistantes dans la même unité de temps et qui se succèdent l’une l’autre, en existant en même temps  seulement dans la tête du chercheur [35]», mais de deux faces de la même médaille. La Littérature n’est pas donc une dégradation du Mythe,  mais plutôt son achèvement.
En 1984 il y a une nouvelle tentative de définition de mythe littéraire de la part de Philippe Sellier.  Qu’est-ce qu’un mythe littéraire ?[36] est le titre de son article publié dans la revue Littérature, dans lequel, en reprenant les observations de P. Albouy, il relance le débat sur le mythe littéraire.  Sellier part de la conviction que « la langue- comme si souvent- a enregistré une réelle parenté, en désignant d’un même substantif le mythe religieux et le mythe littéraire[37] ». D’abord il distingue nettement entre « le type spécifique de récits religieux que l’on a si longtemps appelé ‘mythes ‘ » et « le petit nombre de scénarios littéraires parfaitement connus (Antigone, Tristan, don Juan)[38] » qui ont été mis en rapport avec eux. D’une part il y a donc le mythe ethno-religieux, de l’autre le mythe littéraire. Sellier soutien que le mythe ethno- religieux, ainsi qu’il a été décrit par des ethnologues et mythologues comme Eliade, Dumézil ou Lévi-Strauss, est un récit caractérisé par sis éléments fondamentaux :
1-      être fondateur : « il explique comment s’est fondé le groupe, le sens de tel rite ou de tel interdit, l’origine de la condition présente des hommes » ;
2-      être anonyme et collectif : « élaboré oralement au fil des générations, grâce à ce que Lévi- Strauss appelle « l’érosion de ses particules les plus friables ». Longtemps retravaillé, le mythe atteint une concision et une force qui, aux yeux de certains mythologues, le rend bien supérieur à ces agencements individuels qu’on appelle littérature » ;
3-      être tenu pour vrai : « histoire sacrée…il est nettement distinct…de tous les récits de fiction (contes, fables, histoires d’animaux)» ;
4-      avoir une fonction socio- religieuse : « intégrateur social, il est le ciment du groupe, auquel il propose des normes de vie et dont il fait baigner le présent dans le sacré. » ;
5-      suivre la logique de l’imaginaire : « Les personnages principaux des mythes (dieux, héros…) agissent en vertu des mobiles largement étrangers au vraisemblable à la psychologie « raisonnable »…  psychologisation et rationalisation marquent le passage du mythe au roman [Dumézil] » ;
6-      pureté et force des oppositions structurales : « le moindre détail entre dans des systèmes d’oppositions structurales »[39].  
 À partir de ces caractéristiques, Sellier essaie de voir qu’est-ce qui se passe pendant le passage du mythe ethno-religieux  au mythe littéraire : « Il est clair que du mythe au mythe littéraire les trois premières caractéristiques du mythe ont disparues : le mythe littéraire…ne fond ni n’instaure plus rien. Les œuvres qui l’illustrent sont d’abord écrites, signées par une (ou quelques) personnalité singulière. Évidemment, le mythe littéraire n’est pas tenu pour vrai. Si donc existe une sagesse du langage, c’est du côté des trois derniers critères qu’une parenté pourrait se révéler entre mythe et mythe littéraire ».  Ce qui permet alors d’associer mythe et mythe littéraire est :
-   la fonction sociale et l’horizon métaphysique ou religieux de l’existence ;
-   la logique de l’imaginaire ;
-   la fermeté de l’organisation structurale.
Sellier poursuit avec l’individuation de cinq groupes différents de mythes littéraires :
1-      « récits d’origine mythique consacres dans le panthéon culturel occidental. On retrouve ici la fameuse dyade Athènes- Jérusalem […] Ce premier ensemble est unanimement reçu comme le modèle, l’étalon du mythe littéraire» ;
2-      « mythes littéraires nouveau- nés…au XIIe siècle Tristan et Yseult, au XVIe siècle Faust, au XVIIe don Juan » ;
3-      récits développés à partir des « lieux qui frappent l’imagination certes, mais qui <n’incarnent nullement une situation [40]. […] Ainsi l’aura de Venise résulte d’un conglomérat exceptionnel de souvenirs lumineux (le ballet de la lumière et de l’eau), d’œuvres d’art (Carpaccio, les pourpres du Tintoret, le Grand Canal et ses peintres), et de tout un bric-à-brac (les gondoles et le Pont des Soupirs). Un jeu de cartes postales » ;
4-      Mythes politico héroïques : «  Tantôt il s’agit de figures glorieuses : Alexandre, César […], Louis  XIV […] , Napoléon […] ; tantôt il est question d’événements réels ou semi-fableux : la guerre de Troie, la Révolution de 1789, la guerre d’Espagne […] Ici « mythe » renvoie à la magnification de personnalités (Alexandre) ou de groupes (les révolutionnaires), selon le processus caractéristique d’un genre littéraire bien connu : l’épopée »  ;
5-      Mythes para- bibliques, nés parfois d’un seul verset (Lilith, Golem, les anges) : «Leur existence souligne vivement que la plupart des mythes littéraires se sont imposés d’un coup, grâce à la réussite exceptionnelle d’une œuvre où le scénario était agencé d’emblée avec maîtrise »[41].
Sur les trois derniers groupes subsiste quelque doute car ils ne semblent pas composés par des mythes littéraires purs, néanmoins ils méritent d’être mentionnés.
Dans la dernière partie de son article, Sellier approfondit l’examen des trois caractéristiques qui lient mythe ethnò-religieux et mythe littéraire :
o   Saturation symbolique : « le mythe et le mythe littéraire reposent sur des organisations symboliques, qui font vibrer des cordes sensibles chez tous les êtres humains[42] » ;
o   Tour d’écrou : dans les ouvrages littéraires on voit un extraordinaire  « travail de formalisation qui fait retrouver au mythe littéraire un agencement structural comparable à celui du mythe ethno-religieux[43] » ;
o   Éclairage métaphysique « dans lequel baigne tout le scénario[44] ».
Sellier conclue avec une polémique contre tous ceux qui avaient déprécié la littérature. Il est en fait persuadé que nouvelles études menées à partir de cette idée de mythe littéraire « risquent fort d’infliger un démenti partiel aux critiques de Claude Lévi- Strauss à l’encontre de la littérature comme charpie, comme bric-à-brac ou comme brocante par rapport à l’orfèvrerie mythique[45] ».   

3- Troisième phase : consolidation de l’idée de mythe littéraire. 

Après que une véritable définition de mythe littéraire a été élaborée, on assiste à une lente et progressive inversion du rapport Mythe- Littérature : si auparavant la Littérature avait été considérée un département du Mythe, maintenant on arrivera à dire qu’il n’y a pas de mythe sans Littérature. Déjà  Northrop Frye dans un essai critique de 1985[46], en distinguant  entre phase pre-littéraire et phase littéraire du Mythe, semble convaincu de la prééminence de cette dernière. Frye pense, en fait, que le mythe pre-littéraire n’a pas à affaire à la vérité : la question primaire pour un mythe pré-littéraire n’est pas « est-ce que c’est vrai ? »[…] La question primaire ressemble  plutôt  à « Il faut savoir cela ? » et une réponse affirmative est ce qui caractérise le mythe pré- littéraire authentique. Selon Frye c’est seulement avec la phase littéraire du mythe que naît la nécessité de s’interroger profondément sur la vérité du mythe entendu comme forme verbale : « dès que telle catégorie [celle de Littérature]  est clairement reconnue, se pose la question pour laquelle Platon a attaqué non seulement Homère, mais tous les poètes : quel type de structure transmet la vérité ?[47] ». Dans la Littérature le langage mythique trouve toute sa valeur de forme verbale qui, n’ayant pas une référence immédiate aux objets extérieurs, peut exprimer une vérité.
Bref, Frye utilise la définition de mythe littéraire pour se rapporter à une phase de l’histoire du mythe et  il pense en outre que cette phase est la plus significative.
 La propension à estimer la littérature fondamentale par rapport au Mythe se retrouve aussi chez Pierre Brunel.  Sa contribution au développement de l’idée de mythe littéraire est vraiment considérable. Il commence à s’intéresser à ce sujet pendent les années ’70  avec la conviction que « en étudiant certains textes […] un autre regard pouvait être porté sur eux si on considérait avec une attention plus soutenue les éléments mythiques qu’ils contiennent [48]». Il sera l’auteur de plusieurs ouvrages sur les mythes littéraires[49] et le maître d’œuvre du Dictionnaire des mythes littéraires[50].
  C’est surtout dans la préface de ce dernier qu’on remarque sa vision du rapport Mythe- Littérature. Brunel part de la distinction entre mythe proprement dit et mythe littéraire, comme Albouy et Sellier, dont il partage la définition de mythe littéraire, avaient déjà fait. Toutefois, Brunel se montre tout de suite persuadé, beaucoup plus qu’eux, que « la littérature est le véritable conservatoire des mythes ». Il écrit, en fait : « Que saurait-on d’Ulysse sans Homère, d’Antigone sans Sophocle, d’Arjuna sans le Mahabharata ? Il en est de la recherche pré- littéraire comme de la recherche préhistorique : elle erre. Et comme il faut déjà faire de l’histoire pour appréhender la préhistoire, de même c’est à partir de textes ou de traditions littéraires qu’on avance des hypothèses sur ce qui les a précédés »[51].  C'est-à-dire que « le mythe nous parvient tout enrobé de littérature »et donc « il est déjà, qu’on le veuille ou non, littéraire »[52], «  L’existence de littératures orales, progressivement révélées par les mythologues, vient le confirmer. Ces littératures sont tout imprégnées de mythe, à tel point que le mythique  et le littéraire y sont indissociables »[53]  Selon Brunel, Mythe et Littérature sont liés par un noeud inextricable : « le mythe, langage préexistant au texte, mais diffus dans le texte, est l’un de ces textes qui fonctionnent en lui[54] ». Dans le volume intitulé Mythocritique. Théorie et parcours[55]  Brunel essaie aussi de  rassembler  à ce propos quelques éléments théoriques en recherchant la présence du mythe chez quelques auteurs et dans un certain nombre de textes, à partir de la conviction que la mythocritique « s’intéressera surtout à l’analogie qui peut exister entre la structure du mythe et la structure du texte »[56] .
Les considérations de Brunel sont partagées par Daniel Mortier que estime que « la mort du mythe est assimilée à la fin de l’appropriation, à l’impossible fusion des deux horizons [ celui du mythe et celui de la Littérature]. Mais celle-ci ne saurait être jugée définitive, car l’histoire du mythe n’est pas nécessairement continue : elle s’accommode de périodes de sommeil plus ou moins longues. Le mythe, c’est la Belle au bois dormant de la littérature »[57]  .
Yves Chevrel aussi s’oriente dans la même direction : « Le mythe pour nous, aujourd’hui, est essentiellement littéraire  ou, plus généralement, artistique. Sa parole, devenue presque silencieuse dans ce monde déserté par les dieux qu’évoque Michel Butor, continue cependant à se faire chair en s’inscrivant dans le corps du texte littéraire […] Mais c’est, en tout premier lieu, le mot « mythe » lui-même  qui a connu, à l’époque moderne, une nouvelle inscription. La promotion de « la littérature », comme absolu et genre englobant tous les genres, par les romantiques de l’Athenaeum, s’est accompagnée d’une véritable « invention » littéraire du mythe […] La réapparition récente du mot justifie qu’on pose la question du mythe aujourd’hui, et qu’on la pose dans son rapport avec la littérature. Ne pourrait-on parler, en effet, au sujet de cette dernière, d’une vocation ‘mythique’ ? »[58]
La tendance à présenter la Littérature comme indispensable au Mythe atteint son apogée avec l’essai de Régis Boyer publié dans les actes du second congrès international organisé par le Centre de recherches en littérature comparée de Paris IV en 1994, Mythes et Littérature[59] , dont le titre est Existe-t-il un mythe qui ne soit pas littéraire ?  Ici, Boyer décrit le Mythe comme composé par deux élément fondamentaux : une image  « magnétique …puissamment symbolique ou synthétique » et une histoire « exemplaire…de nature toujours symbolique » qui « recouvre toujours un message universel ».  « Toutes les deux, ensemble, expriment, « justifient », une vision du monde, de la vie et de l’homme, incarnent un esprit qui nous permet de comprendre notre fureur de vivre et notre acceptation de la mort ». On ne peut pas établir un primat entre image et histoire parce que  la création d’un mythe n’exige pas seulement une image, mais aussi  « une élaboration, une (re)construction, une volonté de (re)organisation, de mise en ordre, bref, d’intellectuation », termes qui s’appliquent « à toute activité littéraire[60] ». Pour tout dire, Boyer est persuadé que « il y a une forme convenue, stéréotypée, « littéraire » de la transmission, même orale, d’un mythe ». Par conséquent il n’existe pas un mythe qui ne soit pas littéraire. Naturellement Boyer doit élargir la notion de Littérature afin d’y insérer la fameuse « tradition orale » : « Littérature dérive de litera, la lettre, le signe écrit. Je ne retiens pas, dans « signe écrit », l’adjectif « écrit »dans son sens matériel, mais dans son acception abstraite de passage par un relais conventionnel, élaboré, reconnaissable après identification. Et donc d’organisation du mental, de choix opéré dans les données du réel ». Boyer termine son essai par une question en réponse à celle que posait le titre : « Il se peut […] que tout ce qui est « littéraire » ne relève pas nécessairement du mythe. Il semble bien que tout ce qui est mythique doive, comme par définition, s’exprimer en littérature. Car en fait : à quoi sert-elle, cette littérature, sinon à exprimer, voire à fabriquer des mythes ? ».

Conclusion

On a vu donc comment la considération de Mythe et Littérature se soit renversée pendent notre parcours : de l’idée de Littérature comme charpie du Mythe à celle de l’inexistence du Mythe sans Littérature. On peut remarquer que cette dernière affirmation apparaît comme une défense exagérée du rôle de la Littérature : Boyer doit en fait élargir le sens propre du mot pour justifier sa conviction, en coupant le lien privilégié qui existe entre Littérature et écriture . Il y a-t-il vraiment Littérature sans Écriture ? À ce propos, André Dabezies écrit : « tout d’abord, en passant de l’oral à l’écrit, de ce qui jadis était écouté collectivement (et plus ou moins sacré) à ce qui est lu aujourd’hui individuellement (et plus ou moins critiqué), nous avons changé de monde. […] la forme et la perfection de l’expression prennent une importance grandissante, le texte est entré dans le domaine esthétique. Les mythes primitifs étaient liés à un rituel ou à un comportement collectif […] Du côté de la littérature, en dehors du théâtre (et autres spectacles), que reste-t-il de la participation rituelle ?  La « fascination » exercée par telle figure mythique atteint en littérature un « public » restreint- dans quelle mesure ce public représente-t-il une collectivité humaine ? [61]» On ne doit pas oublier, en outre, que « C’est parfois dans la conscience commune que se produit la « mythisation », et la littérature l’enregistre[62] ».  Ainsi, surévaluer le rôle de la Littérature signifie parfois ne pas comprendre certains  « mythes d’aujourd’hui » qu’on peut bien indiquer comme mythes, bien que non littéraires, selon la définition proposée par Dabezies : « images- forces capables d’exercer une fascination collective assez comparable à celle des mythes primitifs[63] ».   Naturellement, on ne doit pas arriver à l’extrême opposé : Florence Dupont, par exemple,  dans L’invention de la littérature [64] soutien que seulement l’oralité est le garant de la création tandis que la littérature, en tant que langage écrit, peut jouer uniquement le rôle de « conserve ». Frédéric Monneyron  montra bien le risque de cette perspective applique au mythe : « Dans ces conditions, et si l’on suit Florence Dupont dans cette perspective extrême, les mythes, s’ils existent, ne peuvent se réfugier que dans une tradition orale- malgré sa fugacité et sa fragilité : dès qu’on les nomme dans un récit littéraire, on les tue.[…] En poussant plus loin notre analyse, on peut même dire que, dans ce contexte, la littérature naît lorsque le mythe meurt. Dès lors que le mythe a cessé d’être le centre unique de l’expérience vécue, il n’est plus actif[65] ». Dans ce cas-la, on retournerait donc aux positions lévi-straussiennes déjà dépassées de la part de Philippe Sellier.
De toute façon, en analysant l’histoire de l’idée de ‘mythe littéraire’, ce qui reste vraiment évident est qu’il existe une difficulté réelle à définir clairement qu’est qu’un ‘mythe littéraire’. Cela peut-être pour deux raisons :
parce que cette idée est née surtout comme tentative d’opposition à une tendance des études sur le mythe qui dévalorisaient la littérature, dont le but ne semble pas être parfois la considération du rôle du mythe dans la littérature, mais la réévaluation de cette dernière ;
parce que le concept même de ‘mythe’, qui doit être à la base de cette définition, ne semble pas être toujours clair aux savants.
À propos de cette dernière observation, on peut s’aider en se referant à une distinction faite par Fritz Graf entre le mythe d’une partie et ses représentations linguistiques, et orales et écrites, de l’autre[66]. Il écrit : « Le mythe n’est pas le texte poétique, mais il le dépasse : il est le sujet, un intrigue fixé dans ses grandes lignes, avec des personnages assez fixés, que les poètes modifient seulement dans certains limites. Chacune variation, chacune œuvre poétique ont un auteur, le mythe non […] Naturellement, cela est vrai aussi pour la poésie orale pre-littéraire : chacune variation a un auteur précis […] en manque seulement la registration. […] Une conséquence naturelle de cette définition est que le mythe peut se traduire d’une langue à une autre sans aucune perte, tandis que cela n’est pas possible pour l’œuvre poétique »[67].
 C’est seulement à partir de ce genre de considérations, à notre avis, qu’on peut essayer de définir vraiment le mythe littéraire comme une des possibles expression linguistiques, esthétiquement connotée, du mythe




[1] Halle, Niemeyer Verlag, 1930.
[2] P. Brunel, Dictionnaire des Mythes Littéraires, Éditions du Rocher, 1988.
[3] Leningrad : Gosudarstvennij Institut Istorii Iskusstva, 1928.
[4] D. de Rougemont, L’amour et l’Occident, 1939.
[5] Ibid. p.203
[6] Paris, 1940.
[7] New York: Harcourt, Brace & World, 1942.
[8]  G. Durand. Le Décor mythique de “La Chartreuse de Parme”, José Corti, 1961, p.12
[9]  G. Durand. « Le voyage et la chambre dans l’œuvre de Xavier de Maistre », Romantisme 4, Flammarion, 1972, p.84
[10] G. Dumézil. Mythe et Épopée  I, Paris : Gallimard, 1968, p.10.
[11] G. Dumézil. Du mythe au roman, Paris : PUF, coll. « Quadrige », 1983, p.7
[12] C. Lévi-Strauss. L’Origine des manières de table, Paris : Plon, 1968, p.105-106.
[13] Ibid. p.106
[14] P. Vernant. Paris : Maspero, 1974, p. 203-210.
[15] Ibid. p. 204
[16] Ibid. p.201
[17] P. Vernant. Mythe et tragédie en Grèce ancienne, Paris : Maspero, 1973, p.7
[18] M. Elide, Aspects du mythe, Paris : Gallimard, 1963 p.9
[19] P. Albouy, Mythes et mythologies dans la littérature française, Armand Colin, 1969.
[20] R. Trousson, Un problème de littérature comparée: les études de thèmes, Minard, 1965, p. 13
[21] R. Trousson, « Mythes, domaines et méthodes » en Mythes, images, représentations, trames [Actes du XIVe Congrès de la société française de littérature générale et comparée à Limoges en 1977], 1981 p.177.
[22] P. Albouy, Mythes et mythologies dans la littérature française, Armand Colin, 1969, p. 9.
[23]  Ibid. p.12
[24] D. de Rougemont utilise tardivement la définition mythanalyse, par exemple dans l’ouvrage intitulé Les Mythes de l’amour (Albin Michel, 1961).
[25] P. Brunel, Mythocritique, Paris : Puf, 1992, p.39.
[26] G. Durand, Introduction à la mythodologie. Mythes et sociétés, Paris : Albin Michel, 1996, p.205
[27] G. Durand, Paris: Berg International, 1979, p.305
[28] H. Blumemberg, Arbeit am Mythos, Frankfurt am Main: Suhrkamp Verlag, 1979.
[29] Ibid. p. 331.
[30] Ibid. p. 190.
[31] J. M. Lotman e Z. Minc «  Literatura i mifologija », in Trudy po znakovym sistemam  n. 13, Tartu 1981.
[32] Ibid. p.203
[33] Ibid. p.206
[34] Ibid. p.209
[35] Ibid. p. 203
[36] P. Sellier, « qu’est-ce qu’un mythe littéraire? », en Littérature n.55, Larousse 1984, pp. 113-126.
[37] Ibid. p. 118.
[38] Ibid. p. 113
[39] Ibid. p. 113-114.
[40] Ibid. p. 115-118.
[41] P.Sellier, ibid. pp. 116-118.
[42] Ibid. p. 118.
[43] Ibid. p. 122.
[44] Ibid. p. 124.
[45] Ibid. p. 125.
[46] N. Frye, The Mythical approch to Creation,1985 en Mythe, métaphore et symbole…p. 15-31.
[47] Ibid., p. 15.
[48] P. Brunel, Mythocritique théorie et parcours, Paris, Puf, 1992, p. 11.
[49] Mythe d’Électre,  A. Colin, 1971; Le Mythe de la métamorphose, A. Colin 1974 ; Dictionnaire des mythes d’aujourd’hui, Éd. Du Rocher, 1999 ; Dictionnaire de Don Juan, R. Laffont (coll. « Bouquins »), 1999.
[50] Éditions du Rocher, 1988; réédité (augmenté) en 1994.
[51] P. Brunel, Dictionnaire des mythes littéraires, Éditions du Rocher, 1988, p.11
[52] Ibid.  p.11.
[53] Mythes et littérature, Textes réunis par Pierre Brunel, Presses de l’Université de Paris-Sorbonne, 1994.
[54] P. Brunel, Mythocritique. Théorie et parcours, Paris, PUF, 1992 (coll. “Écriture”), p. 61
54 Paris : PUF, 1992 (coll. “Écriture”)
[56] Ibid., p.67
[57] Daniel Mortier, Mythes et littérature, Textes réunis par Pierre Brunel, Presses de l’Université de Paris-Sorbonne, 1994, p. 148.
[58] Le mythe en littérature, essais offerts à Pierre Brunel à l’occasion de son soixantième anniversaire, Textes réunis par Yves Chevrel et Camille Dumoulié, Presses Universitaires de France p.5-6
[59] Presses de l’Université de Paris-Sorbonne, 1994, p. 153-164.
[60] Ibid. pp. 154-155.
[61] A. Dabezies,  « Des mythes primitifs aux mythes littéraires », en le Dictionnaire des mythes littéraires, p.1133.
[62] P. Brunel, Dictionnaire des mythes littéraires, Éditions du Rocher, 1988, p. 14.
[63] Ibid.  p. 1130.
[64] F. Dupont, Paris : La Découverte, 1994
[65] F. Monneyron, Mythes et littérature, Vendôme,  Imprimerie des Presses Universitaires de France, 2002, p. 43-44
[66] F. Graf, Griechische Mythologie. Munchen-Zürich : Artemis Verlag, 1985
[67] Ibid. p.2
                   
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